21 septembre 2007

Moi et le monde

"Le fait que j'existe prouve que le monde n'a pas de sens. Quel sens pourrais-je trouver, en effet, dans les supplices d'un homme infiniment tourmenté et malheureux, pour qui tout se réduit en dernière instance au néant et pour qui la souffrance fait la loi de ce monde ? Que le monde ait permis l'exis­tence d'un humain tel que moi montre que les taches sur le soleil de la vie sont si vastes qu'elles finiront par en cacher la lumière. La bestialité de la vie m'a piétiné et écrasé, elle m'a coupé les ailes en plein vol et refusé les joies auxquelles j'eusse pu prétendre. Mon zèle démesuré, l'énergie folle que j'ai déployée pour briller ici-bas, l'envoûtement démoniaque que j'ai subi pour revêtir une auréole future, et toutes mes forces gaspillées en vue d'un redressement vital ou d'une aurore intérieure — tout cela s'est révélé plus faible que l'irrationalité de ce monde, qui a déversé en moi toutes ses ressources de négativité empoisonnée. La vie ne résiste guère à haute température. Aussi ai-je compris que les hommes les plus tourmentés, dont la dyna­mique intérieure atteint au paroxysme et qui ne peuvent s'accommoder de la tiédeur habituelle, sont voués à l'effondrement. On retrouve, dans le désar­roi de ceux qui habitent des régions insolites, l'aspect démoniaque de la vie, mais aussi son insi­gnifiance, ce qui explique qu'elle soit le privilège des médiocres. Seuls ces derniers vivent à une température normale ; les autres, un feu dévorant les consume. Je ne puis rien apporter au monde, car ma démarche est unique : celle de l'agonie. Vous vous plaignez que les hommes soient mauvais, vindicatifs, ingrats ou hypocrites ? Je vous propose, quant à moi, la méthode de l'agonie, qui vous permettra d'échapper temporairement à tous ces défauts. Appliquez-la donc à chaque génération — les effets se manifesteront aussitôt. Ainsi me ren­drai-je peut-être, moi aussi, utile à l'humanité !

Par le fouet, le feu ou le poison, faites donc éprouver à chaque agonisant l'expérience des der­niers moments, afin qu'il connaisse, dans un atroce supplice, la grande purification qu'est la vision de la mort. Laissez-le ensuite partir, courir terrorisé jusqu'à ce qu'il tombe d'épuisement. Le résultat sera, n'en doutez pas, plus brillant que celui qu'on obtiendrait par les voies habituelles. Que ne puis-je mener le monde entier à l'agonie pour purger la vie à sa racine ! J'y placerais des flammes brûlantes et tenaces, non pour la détruire, mais pour lui communiquer une sève et une chaleur différentes. Le feu que je mettrais au monde n'entraînerait point sa ruine, mais bel et bien une transfiguration cos­mique, essentielle. Aussi la vie s'accoutumerait-elle à une haute température, et cesserait d'être un nid de médiocrité. Qui sait si la mort même ne cesserait, au sein de ce rêve, d'être immanente à la vie ?

(Écrit en ce jour du 19 septembre 2007, mon vingt-deuxième anniversaire. J'éprouve une étrange sen­sation à la pensée d'être, à mon âge, un spécialiste du problème de la mort.)"

La messe est dite. Musique maestro.


07 septembre 2007

Lettre à Lou


Mon ami,

au moment où ton travail passé commence à porter ses fruits, tu es acculé par la calomnie, le mensonge, progéniture des jaloux. Tu essayes de supporter avec l’élégance qui te caractérise les railleries et quolibets de ces enfoirés de Sarkozystes.

Je t’ai vu hier, sur mon écran de télévision. Tu n’as pas perdu ton sens de l’humour, toi… En revanche lui, il n’en a jamais eu d’humour. As-tu vu Rachida Dati quelques jours auparavant, dans la même émission, répondre à la question sur quelle était sa blague préférée ? « Qu’est-ce qu’un canif ? C’est un p’tit fien.» Non mais je rêve, comment peut-on être président avec un humour aussi misérable ? Et dire qu’il nous méprisait lorsque nous rions à gorges déployées lorsque l’on se racontait la blague du vampire ou encore celle des deux putes siamoises. Cioran ne supportait que Camus lui donne des conseils, il disait : « Camus, l’homme à la culture d’instituteur, me donne des conseils, c’est incroyable ça ! » j’aime trop Camus pour faire une analogie mais il devrait savoir qu’avec sa formation juridique il est évident qu’il n’a aucun sens de l’humour. Les seuls moments d’humour véritables à l’Elysée doivent être quand lui et sa cour végétative admirative demandent à Bigard de déplacer les meubles afin de se gausser du désarroi euphorique du malvoyant Montagné. Quant à Rachida, parait-il qu’il lui a limé le cul pendant tout son séjour à la petite maison dans la prairie exception faite des moments où il racontait sa fameuse devinette et sympathisait avec Georges Walker [texas ranger] ruinant ainsi le peu qu’a fait Jacques (as-tu des nouvelles de lui ? j’ai surfé une fois avec lui à Biarritz cet été mais depuis plus rien, parait-il qu’il n’a trop pas le moral). Quand je pense à Alain, le seul compétent qu’il ait engagé et qu’il n’a su le conserver. Quel incapable !

Je t’ai lu pendant mes congés dans Marianne, sur une couverture où ton nom se dessinait aux cotés du parasite histrionique. Je suis sûr que, comme moi, l’ironie de la situation t’a arraché un sourire. Même si je n’attend pas un nouveau livre pour tout de suite (très beau titre d’ailleurs, me fait penser à notre Isidore Ducasse préféré) j’espère que cette collaboration se répétera. D’ailleurs, si tu y retournes, Jean-François Kahn a un Cd d’Arvö Pärt à moi et me doit 53 francs 50 (le parcmètre), Nicolas Domenach a mon exemplaire de la Vita Nova et Joseph Macé-Scaron ma collection de pin’s parlants d’Ophélie Winter (ceux sortis en 97, l’édition limitée).

De mon coté, je poursuis mes études médicales. Je suis externe maintenant, à temps plein. Difficile de trouver du temps entre l’hôpital et les apprentissages, d’ailleurs où apprendre ? Les cours facultaires ? Les référentiels nationaux ? Les livres ? Bref, il va me falloir un certain temps avant de trouver le modus operandi adéquat pour l’apprentissage. Mais mes contrariétés sont bien mineures comparées aux tiennes et sache, mon ami, que tu as tout mon soutien pour t’aider à traverser cette laborieuse et ténébreuse période.

Notre « relation » est difficile à vivre, évidemment la différence d’âge y est pour quelque chose et évidemment que nous aurons à supporter encore et toujours les regards inquisiteurs des badauds ne comprenant pas que deux cow-boys aimables et bien élevés puissent porter des pantalons en cuir et dormir ensemble dans le même lit. C’était déjà le cas à l’époque où il n’y avait rien de sexuel entre nous, alors maintenant … Même si je n’apprécie pas de me faire traiter d’homosexuel et encore moins de pédéraste à tire-larigot, je ne veux plus me cacher. De toutes façons c'est impossible, je ne pourrai pas, mes ressentis sont trop forts.

Je me souviens, un samedi de printemps nous étions allés à un concert dans une petite église de Montargis (45). Là, tu m’as glissé à l’oreille « L’œuvre de Bach est bien la preuve de l’existence de Dieu », nous avons alors esquissé un rictus étouffé dans ce silence religieux, nous les deux seuls athées au milieu de ces culs bénis et pourtant les deux seuls à apprécier la mise en musique du récit de saint Matthieu par Bach. Jésus annonce alors à ses disciples qu’il sera livré aux romains par Iscariot et crucifié pour Paques, aussi, après il annonce la résurrection du fils de l’Homme et parle de la nouvelle vie qui s’en suivra. Peu de temps après, je t’avais fait écouter la version utilisée comme thème de fin au film THX 1138, celle où l’ouverture de la passion selon saint Matthieu de Bach se mêle aux arrangements de Lalo Schiffrin quand Robert Duvall s’échappe de ce monde totalitaire et oppressant vers une vie nouvelle. Si j’évoque ceci c’est pour que tu ne perdes pas espoir, que tu t’accroches à cette promesse d’une Vita Nova.


J’aimerai aussi que tu te rappelles d’Hélène Grimaud jouant un allegretto de Beethov' à la MJC de Melun-Sénart (77) le jour de l'anniversaire de notre rencontre, un 32 Décembre …

… ou encore de ce morceau de Boccherini écouté à l’espace culturel Didier Gustin de Villejuif (94), nous sortions du cinéma où le film American Ninja 2 - le ninja blanc nous avait, à tous les deux, fait ressortir notre sentimentalité.


Tous ces souvenirs pour que tu ne perdes pas confiance, que tu crois en l’avenir. Des souvenirs devant.



Je t’aime.

Edouard Moria.


PS : j’ai deux places pour les Beastie Boys à la salle des fêtes de la Mothe-Achard (85), envoie-moi un message à mon adresse iMail : kiadukkkkikoléoqq[at]hotmail[point]com si tu es intéressé.

11 juin 2007

Le prix de la liberté ... (ii)

11 juin 2007, après un message reçu sur les bretelles de nuisette je reçois un nouvel appel de FT pour fixer un RDV quant au câblage de mon appartement, je crois que j'ai mélangé les conversations. Je tablais sur une connexion valide à Noël 2008, je vais revoir mes prévisions.

Mais aussi.

Voici les résultats des élections d'hier :
Je suis daltonien, pardon. Mai 1981 - Juin 2007,
non non rien n'a changé. Si, les têtes, un peu. En 1981, un petit homme foncièrement laid entrait à l'Elysée avec Roger Hanin et Pascal Sevran comme soutiens, idem en 2007. Législatives idem. En 1981, certains croyaient que les chars soviétiques entreraient à Paris [c'est absurde a posteriori] et en 2007 certains croient que la France va devenir une base militaire US [c'est absurde a priori].
Tu me diras, je n'etais pas né en 81 mais en 85 si. Je n'ai pas l'impression que les idées, elles, aient changé.

Arno Klarsfeld [UMP] arrive en tête dans sa circonscription, il a séduit "le fort électorat juif de cet arrondissement" et en plus c'est un endroit qu'il connaît bien, il l'a traversé en rollers. Par contre, Jean Lassalle [MoDem] arrive deuxième car sans doute qu'une grève de la faim pour défendre ses électeurs ce n'est pas suffisant, peut-être aurait-il du y mettre un peu plus du sien !

Dans la 5ème à Cholet, il a manqué 1000 voix à Gillou pour qu'il se fasse élire dès le 1er tour. L'avatar rose est repêchée de justesse [bien qu'elle n'ait même pas réussi à obtenir 12.5 % des inscrits, la loose] pour un second tour sans surprise. Espérons que Bourdou nous représente cette fois-ci et ne délaisse pas les bancs ennuyeux de l'assemblée les lundi et mardi pour aller passer un master de droit.



Souriez, c'est pour la postérité.


Marilyn Manson - Golden age of grotesque

09 juin 2007

Le prix de la liberté ... (i)

Mi-septembre 2006, j'ai souhaité disposer d'une connexion internet dans mon logement étudiant nantais. Mon choix se porta alors sur le FAI Fri qui, dans ses dernieres publicités radio, s'occupait des logements sans ligne téléphonique FT [mon cas] en les raccordant sans faire payer l'abonnement FT [intéressant]. Envoi de formulaire rempli, paperasse, tout ça.

Fin septembre 2006, je reçois un coup de téléphone de FT me demandant de confirmer mes coordonnées, qui est l'ancien propriétaire, tout ça.

7 juin 2007, en plein milieu de ma nuit [vers 8h du matin], nouveau coup de fil de FT.
"_Spirale ?
_ mmmm ... oui.
_ C'est FT pour le cablage de votre appartement.
_ ...
_ Pouvez-vous me donner le nom de l'ancien locataire de l'appartement ?
_ C'est X.
_ Mmmh, votre voisin de pallier c'est Y ?
_ Oui.
_ Ok, salut."

_ Salut.

En vérité, durant cette conversation, j'ai essayé de déverser mes sarcasmes et d'obtenir des informations sur les délais mais mon interlocutrice m'a fait la parade du rôle minime dans les opérations.

Salope.

Lightning Bolt - Dracula Mountain (meilleur morceau du monde)

08 juin 2007

Déserteur - Fin de partie

Je n'ai pu choisir.

Ça ne pouvait clairement pas être un bulletin pour la peste et je dois avouer que les stupides actions anti-cholériques m'ont donné envie un moment, un moment, de me servir de son bulletin pour accentuer la défaite prévisible de l'avatar rose. Mais je l'ai déjà énoncé antérieurement [je ne vais pas m'auto-linker, cherche toi-même !], sur certains points Nikos me fait peur*.

Alors, un dimanche d'isoloir, j'ai pris les deux bulletins, les faisant passer de mains en mains, l'un derrière l'autre (et vice-versa) pour voir s'il y avait une différence entre les deux, pour finalement les déchirer tous deux en leur centre. Moi et mon enveloppe vide sommes sortis, laissant derrière nous des bouts de papier se batailler à une place qui est la leur : derrière le rideau [ou avec Bill du bigdil].

A voté - quand serons-nous reconnus ? Nous les blancs, nous les déserteurs d'une bataille qui ne mène a rien de neuf... car nous savons, tout du moins nous avons le fort sentiment que quelle que soit l'issue de la finale de la coupe du monde que
non non rien n'a changé.

Rentré chez moi, je m'adosse au mur, je soupire. Une dernière cigarette, le ciel s'assombrit. Sûrement un présage. Je profite de mes derniers instants de liberté avant le règne de Sarko Ier [mort de lol].

*A propos de peur, donc du colérique. Les deux réactions typiques face à sont la fuite et l'agression. En ce qui concerne l'agression il n'y a pas besoin de chercher bien loin pour en trouver des exemples [pertinents ou non] : Sarko-Facho, les moustaches à la mode allemande des années 30 dessinées sur les affiches ... [tiens on ne dessine jamais de faucille ou de marteau sur les affiches d'extrême-gauche]. Pour la fuite il y eut Yannick et Jamel. Et maintenant, a posteriori, sont-ils partis comme ils l'avaient annoncé ?
Y. attend peut-être de savoir où son fils sera drafté pour le rejoindre, quittant ainsi le pays de sarkozy pour celui de bush. Quant à J., lui, attend peut-être la fin de la promo d'Astérix 2.
Le domaine de la peur est celui de la potentialité, on peut tenter de la surmonter et de la voir d'un oeil raisonné, ce qui explique dans une petite partie pourquoi je n'ai pas voté contre lui.

Les Poppies - non non rien n'a changé


_____________

Goodbye Jacques.

Tandis que les socialistes étaient plus occupés à se demander si Besson et Kouchner seraient rasés à la libération mais ne se demandaient parcontre pas pourquoi ce furent les Jospiniens qui trahirent les premiers, Jacques quittait ses quartiers d'été.

Avec le départ de Jacques s'en va le joyeux bordel, le temps doux dingue d'ivresse d'émotions où l'on dansait la Bostella sans penser aux lendemains qui déchantent.
Jacques, ce grand bonhomme avec toujours le sourire en coin genre "là on fait un peu sérieux, c'est officiel tout ça mais dès que le journalistes tourneront le dos je te raconterai la blague des soeurs siamoises".
Et l'humour de Jacques, son raffinement. Quand beaucoup se limitèrent à l'image du beauf regardant des parties de sumo en jogging une corona à la main, beaucoup n'ont su voir l'esthète passionné par les arts premiers et la littérature japonaise.
Jacques c'était de grandes idées et une grande fainéantise. Son malheur a été de ne pas être en accord avec sa France, plus préoccupée par le taux de remboursement de ses lunettes.

Et puis, pour ce moment magique : Merci Jacques.


Bien évidemment je ne dresse pas le bilan interne de Jack qui est peut-être plus reluisant que l'on croit mais pas brillant pour autant.


Et lui, à l'âge ou l'on ne se rase pas, il y pense ?

C'est vraisemblablement mon dernier post de pseudo-politique, retour prochain à mes pensées de post-adolescent poursuivant son deuxième cycle des études médicales.

Little Annie -
Strange Love

07 juin 2007

Message privé

A trop attendre un rendez-vous avec trois personnes, l’on en revient quelque peu déçu.
Blonde Redhead - Falling man


A trop attendre un rendez-vous avec une personne, l’on en sort plus qu’heureux mais plus qu’en déficit de.
Blonde Redhead - Chi é e non é

30 avril 2007

Entre la peste et le colérique

J’hésite.

Les dimanches après-midi sont encore pires quand on hésite.

J’aimerai passer mon bulletin au white spirit. Effacer tout nom, toute trace, m’échapper d’une situation manichéenne aux rôles interchangeables qui n’est en aucun cas celle que je désirais. Le blanc virginal. Le vrai, pas celui du Chabichou. Le courage ou la lâcheté. Croire à l’échappement est une illusion et puis n’est-ce pas une façon de se protéger ? Une façon de dire, quoiqu’il arrive : « de toutes façons ce n’est pas ce que j’avais choisi » ? Quand bien même ça serait vrai…
Mais j’hésite.

Ou alors prendre le risque, après tout c’est tentant. Prendre un risque dont on espère qu’il sera payant sans avoir à le payer. Chez les détracteurs comme chez les supporteurs la manipulation est poussée à son paroxysme, à tel point qu’on ne sait plus ce qui est vrai. L’absurdité est telle que l’effet recherché aboutit à l’inverse de celui voulu. Les forces opposées s’annulent…
Mais j’hésite.

Cela fait des années que les filles de 20 ans ne s’appellent plus Michelle.




23 avril 2007

L'imposture socialiste

Le 21 avril 2002 est une des meilleures choses qu’il soit arrivé au parti socialiste.

Je me souviens. Georges Perec.

Il y a quelques jours, Groland diffusait un reportage intitulé « Le nouveau martyr ». Cette parodie de Tévéréalité cherchait une victime de l’insécurité dont s’empareraient les médias afin de faire basculer à droite la campagne. Le week-end passe, lundi JT de 20h, 8 premières minutes : Viol et assassinat de Sophie Graveau par un français d’origine bosniaque [a-t-on besoin de rappeler perpétuellement son origine alors qu’il vit en France depuis 20 ans]. Jugement du banlieusard qui a lapidé une fille qui se refusait à lui. Jugement des adolescents ayant lancé le cocktail Molotov dans un bus à Marseille brûlait une jeune fille. Hasard du calendrier ? Peut-être.

Jeudi, envoyé spécial, reportage sur l’économie souterraine en banlieue. On ne nie pas ce qui est montré, on peut discuter de l’objectivité du traitement, certes. Le gros point d’interrogation tient au fait que ce reportage est une rediffusion, d’il y a deux ans. Alors pourquoi maintenant, à trois jours du scrutin quand 40% des français sont indécis ?

Depuis 5 ans le PS agite l’étendard de Le Pen et appelle au vote utile™. Ce fantasme de l’extrême droite au second tour et surtout [parce que tout compte fait il n’y a que ça qui l’oligarchie dirigeante socialiste] leur absence au dernier round est une thématique récurrente exposée au visage de toutes personnes de sensibilité de gauche.

« Pour défendre cette manière de voir, on n’hésite pas à tout mélanger, à tout exagérer, afin d’inoculer aux populations traumatisés le pire des virus : la peur ». Claude Allègre.

Beaucoup de gens se sont sentis coupables d’un vote contestataire fait le 21 avril. Coupables de l’insuffisance du score de l’avatar de gauche face à un extrême monté en puissance.
En vérité, 21 avril 2002, Le Pen : 4 000 000 de voix. 1995, Le Pen : 4 000 000 de voix
Le coupable est-il le vote contestataire d’extrême gauche ou l’abstentionnisme ? Ceux qui ont voulu exprimer leur désaccord avec le programme PS ou les absents ?

Aujourd’hui 22 avril, bref calcul approximatif : 44 000 000 d’inscrits que je multiplie par une participation de 0.85 que je multiplie par un score de 11% (oui, vous l’avez reconnu) = 4 114 000, environ. Tiens ? Ca ressemble étrangement aux scores précédents. Le Pen a toujours le même nombre de voix, seul l’abstention fait varier son score.

La peur de l’extrême droite au second tour a servi au PS à rassembler les votes de gauche, même de ceux qui ne sont ni convaincu par ségolène ni par le PS en général.

Le score de Le Pen prévisible, relégué à la quatrième place, 14 % derrière le deuxième et 7.5 % derrière le troisième, on peut se poser la question de la pertinence du vote utile.

Même cumulée, l’extrême gauche est faible, siphonnée par le vote utile. Finalement on en revient toujours à Huxley, l’abolition des diversités afin d’obtenir une pensée unique. Ce soir beaucoup d’électeurs d’extrême gauche doivent se sentir volés par un vote, qui au profit de leur cri du cœur, n’était dès le départ pas pertinent et, a posteriori, inutile.

L’UMP comme le PS sont maîtres dans la menace par l’insécurité. Celle du quotidien pour l’un et l’électorale pour l’autre. La recrudescence de dernière minute de l’insécurité dans les médias a profité aux conservateurs de l’UMP et indirectement au PS par la menace d’un second 21 avril. L’hydre bicéphale tient la tête de l’échiquier politique, faisait mine de se haïr profondément, une relation de connivence est soigneusement entretenue afin d’étouffer quiconque d’autre oserait répondre d’une manière différente aux attentes des français.

Dans le fantastique département du Maine-et-Loire, il y a une participation de 90% (c’est bien) et Sarkozy arrive en tête (c’est mal).

Pendant la soirée télévisée on a pu constater que Jean-Pierre Chevènement était de gauche et qu’il avait de l’humour « ségolène royal à un programme novateur ». Que maintenant qu’il a retourné sa veste, Bernard Tapie peut enfin se lâcher sur ses ex-copains de gauche et que l’ultra-démago Fabius préfère, à propos d’Eric Besson, avoir un ricanement moqueur plutôt qu’un réel argumentaire.

21 avril 2007

Orphée rencontre Pavlov.

"Tu viens au meeting de ségolène royal ?"
J'ai d'abord cru a une boutade, une bonne vanne bien foireuse, quoique ces gens-là ne sont pas coutumiers de l'humour.

Dans un meeting de ségolène il y a de la musique, plein et fort et surtout plein et surtout c'est énervant. Dans retour au meilleur des mondes, Aldous Huxley explique comment la musique est utilisée comme outil afin de conditionner et d'accéder à la manipulation de masse. Tout passe avec de la musique. Avec un tant soit peu de lyrique, on appuie sur les émotions basses, les fantasmes archaïques, créant ainsi la communion de l'assemblée via le ressenti unique partagé de façon identique par tous les individus. La fusion des individualités dans le groupe [a fortiori si le groupe est de dimension inhumaine] aboutit à la perte de l'identité et du sens critique au profit d'une masse aisément malléable, prêt à entendre et à accepter n'importe quel propos. L'exemple le plus probant en est ,bien sur, Nuremberg en 36. Certes il y a des différences entre une réunion d'allemands bien élevés et un meeting de royal... les moustaches et les pin's.

Ensuite l'avatar de la gauche à évoquer l'histoire de Sophie Graveau. En évoquant avec gravitude cette histoire sordide, elle s'associe aux symboles que cette histoire peut véhiculer, devenant ainsi le chantre de la lutte contre les injustices et de la défense des opprimés. Bon plan marketing mais où est le rapport ? Quel rapport entre le pouvoir en place et ce genre de tragédie ? Cela arrivera, hélas, toujours quand bien même le président vient d'extrême-droite ou d'extrême-gauche.

Elle veut des actions pour les femmes et enfants victimes de violences sexuelles [difficile de trouver plus consensuel !] et des prisons spécialisées pour les délinquants sexuels qui du coup, pour ceux qui sont malades, sortent des lieux de soins. La sortie est définie par non-violence et non-dangerosité mais pas par guérison.

Rappelons que sur le thème de la santé mentale, elle a déclaré dans l'émission des 100 français " Il y a des vocations de psychiatres qui sont brisés car les études sont dures et scientifiques." On fait quoi ? On supprime le Numerus Clausus ? On enlève la partie scientifique des études médicales ? On sépare la psychiatrie de la médecine ? Oui, il y a des vocations qui sont brisés, c'est comme ça. Soyons clair, ce ne sont pas des métiers anodins et ils ne sont pas accessibles à tous. Le NC est très con comme système mais c'est le moins pire.

Dans la propagande de royal et plus généralement du PS, il y a un aspect que je trouve particulièrement pervers : c'est le renvoi perpetuel à moi, nous. "Demain ne se fera pas sans toi", "Votez pour vous", ce genre de choses. Avec Chirac c'était clair : "J'ai une bonne gueule, je suis sympa : votez pour moi" pas d'ambiguïté. Ici le destinataire du message est directement impliqué de force par ce jeu de miroir : "Vous êtes géniaux alors vous devez voter pour moi"

Il y a aussi de la perversion dans le vocable. Pourquoi, devant des millions de téléspectateurs, substituer le mot mère par maman si ce n'est pour attendrir le destinataire, verser dans le pathos et l'émotion facile ?

Il n'y a pas qu'elle qui a des troubles du langage, il y a aussi José le scientifique qui connaissait tout de la dangerosité des OGM avant même les scientifiques. Ainsi "J'ai détruit un McDo" devient "J'ai démonté un McDo" et "Je pense que les OGM ne sont pas funky, je fais des actes inciviles en détruisant propriété d'autrui" se transforme en "On m'enferme pour mes idées !", c'est vrai ! S'il était resté chez lui à penser de la même façon tout le mal qu'il pense des OGM, il aurait surement été inquiété.

On peut aussi facilement cracher sur sarkozy mais c'est un peu trop facile en ce moment. Entre ses récentes déclarations sur le déterminisme génétique et son attitude ultra-violente, il se discrédite déjà suffise ment lui-même. L'excellent Joseph Mace-Scaron a témoigné du malheur qu'à été le sien de ne pas partager les visions de nicos.

Sur mon ancien blogue, je faisais déjà état de mon aversion pour tout système bipolaire. Rien n'a changé. Nous nous dirigeons vers un second tour bien old-school sans évolution prévisible. On peut entendre, lire, voir "ce que les français veulent c'est un clivage droite/gauche, des idées tranchées, un duel séculaire comme on sait les faire". Merci de penser pour moi les gars.


Je voulais mettre Floyd the Barber mais bon...


Edit : voilà qui est chose faite grâce à Yellownigga. Merci.

06 avril 2007

Contre-transfert

Chaque nuit ... non, pas envie d'expliquer. Inutile. Comprenne qui pourra, tant pis s'il n'y a qu'une personne - on oublie le reste du monde.
Au secours des innocents il existe des dictionnaires de symboles, il suffit de suivre les liens [de la pensée]. Je ne suis pas garant de l'interprétation. Il y a des âmes en peine tandis que les amants peignent.

Finalement les mots sont bien choisi [ne trouves-tu pas ?], rétro-, anti- ... ça aurait pu. C'est contre-, et moi j'aime.