08 novembre 2006

Octobre et les autres

C’en est fini du syndrome d’Octobre et de sa révolution. Octobre est une descente, une transition sournoise entre Septembre et l’hiver. Septembre c’est l’éloge des minutes grappillées, les minutes volées aux nuits hivernales et la douceur des journées… c’est descendre du dernier train du vendredi soir et dire « bon, j’vais surfer, j’reviens quand y fera nuit » et repartir le lundi midi après une session matinale, le nez coulant, les cheveux salés, les yeux salés aussi mais par la mer. La rupture vient avec Octobre, la fin d’une relation capoteuse avec un partenaire qui ne brille plus comme avant, on reste par amour du souvenir, des moments offerts. Inutile de se voiler la face, on le sait au fond de nous : la fin est inéluctable et chaque année j’ai le pressentiment qu’elle viendra à la nuit d’Halloween.

Pour faire pardonner sa condition bâtarde, O. c’est spécialisé en tant que mois des concerts. Mogwaï + Eugene Kelly (Oui, le Eugene Kelly des Vaselines) / Thomas Dybdahl / Murat / Cyann & Ben, Kria Brekkan (Múm), Grizzly Bear / Carla Brozulich, HRSTA (dont j’ai fini par apprendre la prononciation exacte), Howe Gelb / I Love you but I’ve Chosen Darkness, papier Tigre, Radio 4 / Fischer, Housebound, Lazy. Soyons clair, il y a de la merde dedans mais je ne paye pas toutes mes places et certains soirs j’ai besoin de sortir. Au final Mogwaï sort en tête avec un concert en demi-teinte mais Glascow mega-snake, My father my king et Ratts of the Capital mettent toujours par terre. On aura du attendre les 2/3 du concert pour que Murat finisse de faire l’autiste et commence à nous parler [C’est propre chez vous ... pas une mouche, nickel, même la cathédrale… paraît que Dieu lui-même y fout plus les pieds !... à coté Clermont c’est Bab-el Oued.], je regrette aussi un mauvais choix de playlist, pareil pour C&B. Les compos d’HRSTA sont desservies par la configuration minimaliste, 3 musiciens, sur scène. La chanteuse de Múm minaude, miaule, pianote, enfantise dans sa nuisette blanche pour un concert d’une seule tenue, ne s’arrêtant que pour boire un peu d’eau, le concert s’achevant d’ailleurs avec la fin du verre, mais force est d’admettre qu’elle fait du Múm sans Múm, une voix orpheline de sa musique, la partie d’un corps sans son âme. Sinon j’ai découvert Grizzly Bear et Howe Gelb et c’était coule.

Il y a les livres aussi. Ca tombe tous les deux ans, en septembre, étalages d’étalages, éjaculations et éructations sous plastique blanc espérant le ruban rouge et au milieu de tout ça, le Moix nouveau. Yann a donc sorti son nouveau : livre et disons le tout de suite : c’est moins bon, il perd en folie et donc en génie. Il a remplacé son génie par son talent. On se reconnaît moins, on sourit moins, on ne fait que sous-rire, à quelques exceptions. Dommage. Céline avait les trois points, Yann s’attribue les deux. Autant parfois ils viennent se loger à un moment de la phrase où ils trouvent toute leur légitimité, autant à d’autres moments ils viennent par exercice dont la seule motivation est de se différencier donc sans intérêt.
Récemment j’ai enfin pu me procurer un exemplaire de Jubilations vers le Ciel, je peux donc enfin citer quand je veux, où je veux, à qui je veux ce passage qui relève du génie divin sans avoir à ré emprunter le livre à la Médiathèque Elie Chamard : *. Le dernier Cholé Delaume par contre est excellent.

En allant voir Le vent se lève [Ken Loach, palme d’or, Cannes, intellectuel], je me suis dit que Cillian Murphy avait déjà du mourir par le passé pour pouvoir l’interpréter de cette façon. Sa respiration..., Il était mort avant que la première balle ne le touche. On dit que mourir fusillé ne doit pas être douloureux… Il y avait de la douleur dans ses souffles, sa vie sortait de son corps à chacune de ses expirations. Cet enculé est beau, aussi.

Je dois avouer que depuis deux paragraphes mes propos sont fallacieux. Ses expériences sont plus attribuables à S., voire A. qu’à O. Mais je n’avais pas envie de créer un sujet rien que pour ça alors que j’en trouve ici l’occasion propice.

Parfois je me pose des questions, faites-moi part de votre avis s’il vous plait.
_ Dois-je aller voir le Dahlia noir rien que parce que l’on entend Dirge de Death in Vegas [meilleure chanson du monde] dans la bande-annonce ?
_ Le tyrolien du Juste Prix, l’homme qui comptabilise à lui seul plus de chutes que l’ensemble des émissions d’Arthur les enfants de la télé best-of spécial bêtisier les meilleurs moments des 100 plus grande chutes , a-t-il retrouvé du travail et s’est-il remis de la disparition brusque de Patrick Roy ?
_ Avez-vous remarqué vous aussi que les mecs des pompes funèbres sont tout le temps en train de se fendre la gueule quand ils attendent ?
_ Sachant que je me suis abonné chez Free le 17 septembre et qu’il faut refaire une ligne [je suis en zone dégroupée] quand aurais je un accès Internet chez moi ?

… Enfin, toute cette insouciance est finie. Nous sommes en Novembre, les journées n’existent plus. Quand je pars à l’hôpital le matin, il fait nuit et quand je rentre de la fac en fin d’après-midi, il fait nuit. Je n’ai toujours pas mis le chauffage réalisant ainsi de considérables économies d’énergie, ce qui au lendemain de la tombée de la taxe d’habitation n’est pas négligeable pour moi jeune étudiant pauvre à cause du CPE, de dominik de vilep1 et de se gouvrenemnet de droit 2 mèrd. Au-delà des économies, j’ai battu mon record personnel des années précédentes où j’avais du chopper une angine ou une pharyngite dès la mi-octobre [la maladie étant le signal pour la mise en route du chauffage]… finalement le réchauffement climatique, moi je suis pour. Ca m’arrange pas mal et pour tout dire j’y ai activement contribué cet été en roulant l’autoradio à fond [mais bon c’était You don’t know Jesus de Mogwaï alors c’est la classe] les vitres ouvertes et la clim à balle.

Les ED de bactériologie ont ceci de formidable qu’ils font parti des fabuleux ED commençant par une interrogation écrite, notée, comptabilisée dans la moyenne G., portant sur le cours à venir. « Je vais chercher un crayon mais n’en profitez pas pour tricher ! ». Cependant il y a des instants de magie, un biologiste peut-être drôle : « Alors… Cas clinique n°3 : Un jeune homme de 24 ans consulte pour un écoulement purulent jaunâtre de la verge avec douleurs mictionnelles insupportables. 6 jours auparavant, lors d’un déplacement professionnel à Moscou, il confie être tombé sous le charme d’une hôtesse de bar avec laquelle il avait passé une folle nuit …Quelqu’un peut-il donc me citer cette bactérie de la pute de l’est ? » et un peu plus loin « Mlle K, 21 ans, consulte pour une ulcération génitale. L’interrogatoire et l’examen clinique orientent vers une IST liée à la présence de Treponem pallidum. Donc les mecs faites gaffe, ça pourrait être votre copine surtout qu’à Nantes on est en 3e place en France pour la Syphilis »

J’ai le sentiment que l’histoire de la freebox peut résumer ma vie, l’impression de l’attente perpétuelle de quelque chose qui ne viendra jamais, comme cette carte d’anniversaire.

Désolé pour la qualité. Cyann & Ben - Kria Brekkan












































Cyann & Ben - Sparks of Love (vidéo)


* « …, non, c’est vrai, je suis content que tu sortes avec Machin, non, je te jure, j’ai oublié son prénom, Machin, c’est pas péjoratif dans mon esprit, , c’est un terme générique, c’est affectueux, d’ailleurs je suis sur qu’on s’entendrait super-bien lui et moi, tu crois pas, de toute façon on a déjà un point commun, on est amoureux de toi, sauf que moi, maintenant, c’est sous l’angle de l’amitié, mais une amitié spéciale, hein, pas une amitié comme les autres, hein, hein, une amitié amoureuse, parce qu’on aura beau faire, il y aura toujours ça entre nous, ce sera plus fort que la mort, on en peut pas raturer le passé, le fait qu’on ait fait l’amour, ça, personne ne pourra jamais nous l’enlever, hein, Hélène, hein, hein, c’est pour ça que je dis que ça peut pas être entre nous comme ça l’est entre toi et tes autres copains normaux, tu vois, mais bon, c’est bien que ce soit terminé, ça vaut mieux comme ça, je préfère que tu sois heureuse, c’est mon seul souci dans la vie, il n’y a que ton bonheur qui m’intéresse, et si ton bonheur, c’est d’aimer des types comme Machin, je dois quand même respecter ton choix, ton choix est sacré, sacré, même si, là, il est contestable, je dois le respecter, j’avoue, parce que je peux te dire étant un ami, que je suis un peu déçu par ton choix, mais bon, je le respecte, et je suis sûr, mais alors sûr, que même si, sur le plan intellectuel, Machin t’apportera moins que moi, il te baisera sûrement mieux, et fera un très bon mari, puisque de toute façon, il n’y a que le cul qui t’intéresse, tu es comme les autres, je me suis fait avoir à cause de ton minois à qui on donnerait le Bon Dieu sans confession, mais tu es une nympho, comme toutes ces putes qui remplissent les rues, tiens, et puis tu me dégoûtes, de toute façon je t’ai jamais vraiment aimée, y a que ton cul et tes seins qui m’intéressaient, je peux te l’avouer maintenant, et puis t’avouer aussi que lorsque nous nous promenions, tous les deux, eh bien, j’avais honte de toi, parce qu’au fond de moi-même, je te trouvais ridicule, et que ce ridicule te rendait laide à un point que tu ne soupçonnes même pas parce que tu es con comme tes pieds, ma pauvre, non mais qu’est-ce que tu crois, dis, tu te prends pour qui, là, hein, non mais tu te prends pour qui avec tes airs,, tes airs qui récoltent tous les beaufs du coin, parce que la seule chose qui t’intéresse, c’est de faire bander les beaufs, et même ça t’as de plus en plus de mal à le faire, parce que moi j’ai bien regardé dans la rue, et je peux te le dire, tu sais qui tu fais bander, hein, tu veux que je te le dise, hein, qui tu fais bander, eh bien tu fais bander les vieux, les vieillards sur les quais, là, près des bouquinistes, allez, dégage tu me dégoûtes, je veux plus jamais entendre parler de toi, plus jamais tu m’entends, casse-toi, va épouser ton connard foutreux et disparais à jamais. »

18 octobre 2006

Dimanche

On est dimanche donc j’ai la migraine. Migraineux tout autant que mélancolique, l’un comme l’autre je m’y suis fait, bien que finalement la migraine et la mélancolie soient assez différentes.
La migraine c’est très localisé et violent, un point d’origine et une diffusion circulaire autour [conjecture de Pointcarré (?) oblige], comme le point d’impact d’une météorite et son cratère, une bombe et son souffle, tout ça dans ma tête et s’une seule tenue, sans répit. Aujourd’hui c’est le lobe supérieur droit, un peu en hauteur [d’habitude c’est juste derrière l’œil gauche, ça change sauf qu’en ce moment j’ai pas mal de crise de spasmes de mes paupières gauche… je suis en stage en ophtalmo mardi, je demanderai] et j’ai le sentiment que ma douleur à la partie mastoïdienne de mon sterno-cléido-mastoïdien droit en est une conséquence, bien que rien ne puisse me permettre d’en juger objectivement.
La mélancolie c’est un poison dans les veines, amer et mou, filant et insaisissable. Petit feu se propageant dans les vaisseaux. Au rythme du cœur, dilué et diffusé à l’ensemble du corps. Cependant il doit y avoir des endroits où il s’accumule plus : les poignets, la base du cou, autour du cœur mes coronaires doivent en être pleines. Parfois un surplus en local, tout passe dans le ventricule droit direction les poumons, passage au travers de la membrane alvéolo-capillaire, longue expiration et ce goût amer légèrement dioxydedecarboné sur la base de la langue. On n’ose pas ré inspirer tout de suite, de peur de ré avaler le peu dont on vient de se débarrasser.

On est dimanche donc. Arrivé à Nantes je déballe mes sacs, en extirpe sans délicatesse les vêtements que j’avais soigneusement plié au départ pour attraper les Cds dans le fond de mon sac. En rangeant ma bouffe je commence à voir que j’achète plus de variétés de thés que je ne pourrai en boire dans toute ma vie. Je mets Regeneration de Divine Comedy dans ma chaîne et comme un connard je ne peux m’empêcher de laisser couler l’album, il faut que j’appuie sur [<Bad Ambassador ou Note to self deux fois [au moins] de suite. J’ouvre la fenêtre, la tête dans la rue : c’est calme. La température est idéale c'est-à-dire que j’ai juste un pull pas chaud sans rien en dessous et que j’ai froid au bout des doigts seulement. Le ciel est dégagé mais sans lumière, c’est gris sans pour autant que les couleurs foncés n’en ressortent plus [n’est pas temps orageux qui veut]. Je respire, ça sent bon la cuisine à l’ail… j’ai mal à la tête. Restate my assumptions, a song is not a song until its listened to. La migraine occupe mon cerveau et diminue mes facultés, je me sens loin de moi et par extension loin d’elle. Le vent, lui, m’embrasse et s’engouffre dans mes cheveux, je devrais être en train de fabriquer des souvenirs mais le dimanche n’existe pas, c’est une faille dans le temps, un jour qui n’en a été un qu’une fois qu’il a été fini. Le dimanche rien ne se passe et rien ne se passera, le dimanche est gris fade, le dimanche ne sert à rien si ce n’est se poser des questions sans issue et imaginer la possibilité de ce qui n’arrivera jamais. Le dimanche est un peu Cholet.

12 octobre 2006

Life is unfair

Malcolm, saison 1 épisode 12. Pom pom boy.
Y, S, H et moi.
H. (un autre) explique à ses fils [D, M et R] que leur famille est porteuse d'une malédiction, les garçons de cette famille ne pourront jamais avoir une vie de couple épanouie.
Y, S, H et moi.
Nous rions, comme souvent devant un épisode de Malcolm.
Les 4 loosers sentimentaux que nous sommes ne peuvent s'empêcher de rire jaune, intérieurement.
Quatre futurs vieux aigri, célibataires endurcis limites fières de l'être. Pour H j'ai de l'espoir, il a joué de déveine pour l'instant mais j'ai de l'espoir, plus facile à vivre que nous et moins d'attentes.
Il ne finira pas instituteur fumant la pipe en chaussettes dans ses tongs, philosophe en désaccord avec tout le monde ou psychiatre se tuant au travail pour oublier qu'il existe un autre mode de vie. Pharmacien heureux, je le vois.

Nous ne sommes plus que trois. Je n'oserai pas parler de malédiction, ni de trium vera de la loose car au final cette situation on l'a cherché bien que l'on ne puisse pas endosser la responsabilité du fait qu'aucune relation concrète ne nous ait été bénéfique. Il n'y a pas de responsable, la vie est juste… injuste. Il y a les gens heureux et nous.

Parfois j'ai envie de les prendre dans mes bras [alors que je suis sobre] mais pas ce soir parce que j'ai mal à la gorge.


Music :
Elliot Smith - Sweet Adeline & Waltz #2



Passion

Ce soir j'ai invité une superbe femme à partager mes places pour le concert de Thomas Dybdahl. Une fois le concert de délicate[s] folie[s] achevé et la nuit bien entamée, nous décidons conjointement de quitter mon logement nantais pour s'enfoncer dans sa maison de campagne. Là-bas, je me suis dit que j'y resterai bien pour une eternité, au moins. Je me sentais chez moi...

Music : Sufjan Stevens - All The Trees Of The Field Will Clap Their Hand



18 septembre 2006

Pan Theos

Pour répondre à l'amalgame fait par Bénoist 16 entre Islam et violence, les islamistes démentiront ces propos absurdes et en signe de protestation ils poseront des bombes dans les églises situées en Orient.

Cette note n'a pas grand interêt, je voulais poster un truc sur ma rentrée culturelle, j'avais même amorcer un truc sous word mais il est déjà 1h15. Départ demain. Pas le temps.

Je tenais quand même à poster cette reflexion que je m'etais faite hier, pour au cas où, ironie de l'histoire, ça se passerait vraiment, je pourrais dire "Putain ! je l'avais dit, je l'avais dit!".

03 septembre 2006

Radio blog kills the video stars

http://www.radioblogclub.com/fav/0/1066499/0

C'est la rentrée demain, je viens de finir mon sac donc pas le temps de parler... alors juste de la musique, les amis.

Pensez à mon anniversaire dans 16 jours (pour une fois bande de bâtards). Je veux une audi TT, un longboard et un scooter.

26 août 2006

Redemption

On a beau dire, on a beau faire croire que…

… faire croire qu’on s’en fout, qu’on n’y croit pas, que ça n’existe pas.

Et pourtant, on se rend compte que la vie est bien morne sans ce feu sacré qui brûle au ventre.

Finalement, l’autre soir, S. (non l’autre) avait raison.
« Si on ne va pas, c’est que ça ne va pas ».
L’absence engendre les doutes. Ca ne veut rien dire ça. L’absence dévoile les doutes. A poils dans le désert, sa gueule et soi, question à question. Le désert c’est une ligne droite et pas un seul tartare à l’horizon, simple à traverser… sauf quand la paranoïa s’en mêle. Elle se sert des doutes comme de bâtons dans les roues, ses propres roues. La paranoïa marche comme le rêve, une bonne dose de souvenirs, des émotions, des réminiscences sans oublier l’assaisonnement d’exagération et de travestissement. Puis on brasse et on ressasse. Les souvenirs parce qu’il faut bien qu’il y ait une trahison initiale, que par le passé un bâtard de tartare t’ait planté à distance plus qu’une épine dans le pied. Je n’ai jamais aimé les septentrionaux. Buzzati l’avait dit, les tartares arrivent par le nord. Toujours.

Je me suis longtemps perdu dans ce désert, pour y sortir une fois que plus personne ne m’attendait.

Je me suis bandé les yeux, pour ne plus y croire. J’ai renié mon passé. Ce que vivait les autres devait être un mensonge, une corruption à la nature socialement établie. J’ai généralisé trop vite, même si je continue de renier les sentiments qu’on m’a prêté et que je crois toujours à la conspiration, mais. Mais récemment j’ai eu l’espoir, l’espoir que ça existe. Vraiment.

Moi de l’espoir… putain… elle est quand même forte !

Il y a quelques chose de magique, comment a-t-elle a réussi à m’insuffler milles malices dans le cœur ? Je croyais avoir serré les valves tellement fort que plus rien d’extérieur n’arriverait à se glisser à l’intérieur.

J’ai envie de.
Je veux, je veux croire.
Cette magie qui tombe sur toi.
Cette lumière qui te transcende et qui va chercher au plus profond de toi.
Un feu incontrôlable qui t’anime et qui t’emmène là où la vie est plus savoureuse.

Quand je t’ai rappelée hier soir, tu savais que je n’avais rien oublié de te dire. Je voulais brûler au son de ta voix. Partager un dernier moment. Que nos voix, à défaut de nos corps à défaut de nos lèvres, s’entremêlent une dernière fois.

Musique : Blonde Redhead, pour les raisons évoquées ci-dessus.

16 août 2006

Summer'06 review

Hier soir on s’est éclipsé à 5 du barbecue-anniversaire de B. pour aller faire un tour au barbecue-anniversaire de J., pour dire bonjour… et surtout parce que S. voulait sortir avec E. donc il fallait aller à cette soirée. En une heure trente il ne lui aura pas parlé, pas décroché un mot et c’est évidemment quand on était déjà 4 à être rentrés dans la voiture qui lui parle pendant 5 bonnes minutes pour finalement se prendre un râteau. Bref, looser first premium class. Mais l’important n’est pas là, oh non !

L’important c’est qu’à cette soirée il y avait un mec [que personne ne connaissait] qui s’appelait Tiphaine [ou thieffaine, tifaine, … enfin ça aussi c’est superflu]. Ouais, ce mec nous faisait l’injure à moi et aux personnes présentes à la soirée, mais surtout à moi quand même, de s’appeler comme une fille. Tiphaine. Putain.*Là, j’avais prévu de faire une digression sur mes amours de CM2 mais par souci architectural de ce paragraphe je ferai ça à la fin de la note. Avant de le voir en vrai je me suis dit qu’avoir des parents fan d’Indochine pouvait t’exposer à nombre de quolibets. Je serre les mains et j’arrive à lui, on me le présente, E – T, T - E. Je le regarde dans les yeux, lui aussi, dialogue de muet :

« _Aller, je sens que t’as envie de te moquer, je m’appelle Tiphaine, comme une meuf ouais. Rigole !
_ Attend… tu veux jouer au martyr avec moi ? Je connais ton plan mec, tu cherches à t’exposer aux moqueries des alcooliques présents ici-bas pour passer pour le pauvre petit martyr malheureux maltraité et devenir trop sexy aux yeux des filles. Pas de ça avec moi, fils.
_ Tu crois ?
_ Un peu ! Je suis juif polonais avec des lunettes, j’ai la chevelure de Katerine, je suis célibataire depuis 2ans et demi et mes parents sont morts, le chien les a mangés. »

Ca c’était l’échange visuel, mes mots ont été autres. Tandis que je lui serrais la main je lui ai dit « ah super tu as pu venir finalement » [je rappelle que je ne le connaissais pas et donc jamais parlé avant]. Désarçonné, il n’a pas su quoi répondre… tu parles d’un martyr. J’te laisse les filles garçon, elles sont moches.

Sinon le barbecue était d’une radinerie telle que les gens étaient arrivés à 20h [bon aucun rapport mais quand même] et avaient mis leur nom sur leur gobelet. Le nom sur le gobelet !

Toujours étrange de revoir ces gens qu’on ne voit qu’une fois par an depuis que le lycée est fini. On a parlé de choses et d’autres, surtout d’autres...enfin quand on avait quelque chose à se dire. Le meilleur sujet est quand même la misère sentimentale des absents « ah ouais il est cocu ? putain ces 3 dernières copines l’ont fait cocu » moi ce genre de trucs me fait bien rire… on a toujours l’impression que les gens s’étonnent de la fatalité, que la tromperie est quasi-inhérente à la féminité. Une fille m’a cherché, elle m’a flatté, elle a compris comment je marche… mais je n’ai pas envie. Elle n’est pas laide, pas conne, mais pas envie, ce n’est pas une raison valable pour briser 2ans et demi de célibat et d’abstinence. J’ai encore du mal à croire en quelque chose, surtout qu’elle est restée bon nombre d’années avec un de mes meilleurs amis.

En parlant de ça.

J’ai lu un amour de Buzzati, je regardais dans les rayons de la libraire et le titre m’a surpris pour du Dino. Je regarde la quatrième de couverture C'est dans une maison de rendez-vous milanaise où il a ses habitudes que l'ingénieur Dorigo rencontre Laïde, la petite putain aux cheveux noirs. Pour ce quinquagénaire cultivé, trop sensible et timide avec les femmes, c'est la découverte soudaine de la passion, un bouleversement de l'esprit et des sens. Dès lors, la machine à souffrir est lancée, alimentée par une incurable angoisse. Cette fillette banale, cet être de fuite et de mensonge devient sa drogue, son enfer, l'objet d'une folie où il s'enferme avec délice et désespoir. Dorigo peut-il échapper à l'autodestruction ? Accepter Laïde telle qu'elle est, avec ses turpitudes, sa cruauté mais aussi son innocence et sa secrète pudeur ? j’achète. J’ai lu en 5 jours, je dois dire que c’est vraiment un des seuls auteurs avec Moix et Werber dont je peux lire un livre de taille normale en 5 jours ou moins. Je ne sais pas comment Buzzati fait pour peindre des personnages qui me ressemblent tellement, s’en est presque effrayant mais pas assez pour faire disparaître l’air blasé de mon faciès.

Tool passe au Zénith de Nantes, entre Michel Leeb et Patrick Bruel. J'ai cedé, j'irais. Deux fois en 6 mois bien que je n'ai pas d'argent. Mais bon ce n'est pas à Paris, c'est déjà ça. Plus besoin d'aller dans cette ville où il n'y a rien à part la gare Montparnasse et le Zénith... ah si, y a aussi le périph'... souvenir d'un retour de concert en voiture, un motard se fait verbaliser par un flic, et moi, je sors la tête de la vitre "j'le connais lui, allumez-le !". Fou-rire général dans la voiture.

*Donc en CM2, il y avait une fille qui s’appelait Tiphaine, je crois que je l’aimais. Blonde aux yeux bleus, des jeans troués, son père avait le crâne qui brillait, une moustache poivre et sel impeccable, détenait plusieurs zodiacs et me disait bonjour quand on se croisait au golf. J’aurais du lui avouer mon amour le dernier jour de cours, on se serait marier. Je n’ai jamais aimé depuis, je n’ai jamais aimé tout court.

Music : Girls in hawaï – Joking [black session], cette chanson me tue.

07 juillet 2006

KiKoO !

Je laisse l'autre blog même si je ferais mieux de l'effacer sommairement, de peur que Promethée fasse une erreur en l'offrant aux humains ce qui lui vaudra de ne pas vivre pleinement sa cirrhose.

lach' t coms.